Page 98 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
luai sa peau, ses yeux, ses os. J’observai un instant la course pénible de son buste, penchai la tête pour écouter le lent pouls de son cœur. Je défis les boutons de son haut, dégageai le tissu. Son ventre et ses côtes étaient creusés de bleu, ses seins marbrés de veines étaient galbés d’un film de sueur grasse. Cette histoire de bonne à congédier était, à cet instant, tout à fait déplacée.
Mon amour avait légèrement soulevé le bras, et je remarquai le crayon dans sa main gauche. Je pelai prestement une feuille du cahier posé sur la table de che- vet, et la plaçai sous son poignet. Elle grif- fonna patiemment quelques traits, puis re- lâcha le crayon. Je lus sa note :
« Marthe »
Je pliai le petit papier dans ma poche, posai un nouveau baiser sur son front, en guise d’assentiment.
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