Page 96 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
Bien sûr, nous nous rendions compte de l’absurdité de la situation ; et évidemment nous avions proposé à Marthe un prénom de substitution, même un sobriquet, mais à peine en avait-on convenu que mon épouse appelait Marthe à son chevet, et que j’appelais moi-même Marthe près du four, ou près du tisonnier. Nous en avions communément ri, puis nous en avions soufflé, et enfin j’avais fini par pester sur ces malentendus répétés qui, au moins deux fois par jour, faisaient apparaître ici et là Marthe en lieu et place de Marthe.
Notre bonne, heureusement, entendait fort bien tout cela, et s’éclipserait simple- ment à la fin de son mois, en nous remer- ciant déjà pour ces quelques semaines.
C’était un cas incongru enfin, cette his- toire de prénoms pour une bonne ; je m’en étais enquis auprès de mes proches, et en société d’ailleurs, et souvent on me faisait comprendre que ces histoires de bonnes passaient bien après celles qui les
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