Page 91 - La Place des Wallons
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 Rue des Éburons
nouveau, pour activer mon esprit, puis je les écarte ; ce liseré ocre est un mystère.
Avec mon crayon, je tente de compléter le plan que j’ai tracé du quartier du Laveu. Plus tôt je m’étais souvenu que la rue ju- melle et parallèle à la rue des Éburons était la rue Ambiorix. C’est une rue que je me souviens avoir empruntée avec mon fauteuil il y a moins de dix ans — ce qui me permet d’élaborer cette théorie à pro- pos du liseré ocre : j’ai très bien pu le voir à l’une des fenêtres de cette rue-là, sous le même angle, et opérer un transfert d’une rue à sa voisine. Mais quelque chose ne va pas.
De tous ces souvenirs — celui de cette photographie, de cette rue, de cette neige, puis de la pluie, enfin de la démolition —, l’image autour de laquelle tout se déve- loppe est finalement ce liseré ocre. Ce n’est plus un détail — c’est le noyau, le trésor clair et net. La perle sur laquelle on foca- lise son travail. Dans mon esprit, le liseré ocre est précis ; précis comme si je l’avais
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