Page 90 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
nêtre, le mur rose de la chambre d’enfant ; et je me demande si ce souvenir du mur rose provient du cliché, ou du jour où j’as- sistais à la démolition. Si le rose est, comme le jaune imaginé des foyers, une magie de l’esprit. Je vois très bien ce lo- sange — c’est à dire, la forme de la fenêtre transformée par l’angle de prise de vue de la photographie —, ce losange bordé de bois brun — et, en creux, l’intérieur de la chambre d’enfant. Cette chambre est rose. Et puis, sur la largeur de ce papier peint, un liseré ocre est apposé près du plafond.
D’où me vient ce liseré rose ? D’où l’ai- je exhumé ? De la photographie ou du jour de la démolition ? — ou bien... Je me suis arrêté un moment d’écrire pour me pencher sur ce cas particulier : car ce liseré ocre, caché par l’angle de prise de vue, ne pouvait pas paraître sur la photographie en noir et blanc — et dans mon souvenir, le jour de la démolition, le mur de la chambre d’enfant était d’un rose uni, sans liseré. Je me sens froncer les sourcils à
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