Page 65 - La Place des Wallons
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 Cyrano
qu’imprimait soudain son cou, j’ai com- pris qu’elle avait perdu connaissance. La déchirure, c’était la façon qu’elle avait trouvée, je suppose, de quitter le navire. Son corps éteint, comme vidé de son sang, gisait à mes pieds nus. J’ai caressé ses che- veux gras de sueur. Sa peau d’une blan- cheur de craie. Je me suis préparé une ca- momille, puis je suis retourné dans mon lit. Je pense avoir repris le rêve dans la fo- rêt que j’avais quittée trois heures plus tôt.
Vers 10 heures, le téléphone fixe a son- né ; j’étais toujours au lit, je l’ai laissé son- ner. Je rêvais encore de la forêt, une forêt de mon enfance, jaune et verte. Le télé- phone s’est tu après la troisième sonnerie. J’avais les yeux inquiets. Mireille Cortés était-elle restée là, sur le plancher ? Avait- elle dormi devant la porte d’entrée ? Était- elle venue dans le seul but de prendre ce coup de fil ? Je changeai de côté sur mon matelas, et me rendormis dans ma forêt calme. Mireille Cortés parlait tout bas au
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