Page 64 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
rebondir nerveusement sa chaussure. J’a- vais posé une main affectueuse sur son ge- nou.
Je dormais avec un livre posé sur le torse, quand Mireille Cortés m’a télépho- né. Elle voulait me voir. Ça n’allait pas. Bartolomé n’aimerait pas, elle était une merde. Je l’ai rassurée par des mots simples, bienveillants, lui ai proposé de ve- nir le lendemain ; on en parlerait au calme. Mais à 3h du matin, on appuyait sur la sonnette. Mireille était trempée dans l’encadrement de la porte. Je crois que nous avons fait l’amour ; enfin, si on peut appeler ça de l’amour. C’était là, comme ça, sur le palier, à la façon des chiens. Elle avait passé la main entre ses cuisses et m’avait orienté un peu plus haut que d’habitude. On ne l’avait jamais encore fait comme ça. Arrimée, elle s’était vio- lemment projetée en arrière, un clappe- ment étouffé de bouchon de champagne, un carton qui pète, et Mireille s’était re- trouvée assise sur mon bassin. À l’angle
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