Page 53 - La Place des Wallons
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 Le pèlerinage
Nous nous dessinions l’un l’autre au cours de croquis. J’ai gardé cette dizaine de feuilles A4 où l’on voit la compresse, sous tous les angles. Quand je la dessinais, elle me parlait de Diekirch. Je voyais dans son œil valide à quel point elle l’aimait. Elle n’était pas amoureuse de Diekirch, elle l’ai- mait. Je pense que je n’ai jamais aimé Ma- rie comme elle aimait Roger Diekirch.
C’est à cette époque que j’ai constaté dans leur petit cirque nocturne la présence d’un troisième larron. Un dandy qui répu- gnait visiblement Marie, mais dont la pré- sente lui semblait nécessaire. J’ai décidé un peu bêtement de ne plus répondre au télé- phone. Lors de cette dernière visite, quand j’ai refermé la porte cochère de la maison de l’avenue de Rotterdam, les ombres chi- noises à la fenêtre du troisième étage ne laissaient plus trop place au doute. Je me devais de prendre un peu mes distances avec Marie, Diekirch et ce « Dandy ».
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