Page 47 - La Place des Wallons
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 Le pèlerinage
dans le miroir du patio. Senserino dormait encore, rien ne bougeait dans la maison. Je sortis alors, entamai ma marche vers la place du Laveu. À mon arrivée, elle était déserte. Je patientai un moment, la buée autour de la bouche. Le bus 21 passait et repassait dans un froid de gasoil. Je devais me rendre à l’évidence, personne ne vien- drait. Je débutai donc seul le pèlerinage.
J’exhumais cette image de Marie Guillemot du fond de ma poche secrète, me perdis avec recueillement dans nos souvenirs communs. Je marchais solennel- lement le long de rue Louis Boumal, lon- geai le garage Castrol, débouchai sous le pont du chemin de fer, m’engageai lente- ment dans la rue Bassenge. Tout du long, je marchai aux côtés de Marie. J’entrete- nais un dialogue avec elle. Nous évoquions le Pub 200, sa chambre d’étudiante nichée rue de Rotterdam ; je lui demandais qui était ce “Gunz” dont elle avait pris le nom. Les serres du Jardin botanique apparais- saient au coin de la rue Fusch et de la rue
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