Page 45 - La Place des Wallons
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 Le pèlerinage
dération ; qu’il chute d’un bloc et m’en- traîne au sol, que nous nous répandions à deux comme j’étais incapable de le faire seul.
« Marie Guillemot est morte, » lui dis-je à brûle-pourpoint. Mon ami se sert un café, visiblement tracassé. Le sifflement de ses pantoufles. Il s’assied, un peu de trois quarts. Ses sourcils questionnent.
— Morte de quoi ?
— Je n’en sais rien. » La façon de mou- rir de Marie Guillemot lui semble d’un in- térêt plus évident que sa mort. Je lui tends le faire-part, Senserino le lit, avec des yeux encore plissés, examine la teneur du car- ton, recto verso, lit une seconde fois. Il me demande : — Tu vas y aller ?
J’ai un peu oublié la semaine qui a suivi cette question idiote de Senserino. Je n’ai pas trop parlé avec lui ; je ne peux jurer que son attitude m’ait choqué (et je ne suis pas prêt physiquement à me l’avouer), mais comme par un instinct, un 6e sens, je
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