Page 39 - La Place des Wallons
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 Le Sporting Castrol
compagnée d’une petite musique, qui nous indi- quait d’un ton chantant la valeur des huiles Cas- trol, leur prix, et où l’on pouvait s’en procurer. Je lisais le petit programme du match que l’on nous avait vendu 5 francs, hurlait finalement le nom des joueurs — ces noms m’étaient tout bonnement in- connus, mais ils me semblaient fantastiques ; des noms aux consonances hollandaises et allemandes, comme des noms d’anciens comtes ou princes de Maastricht ou d’Aix-la-Chapelle.
L’annonceur nous rappelait par intermittence, dans un brouhaha naissant, que nous étions venus voir le match de football « Sporting Castrol contre Racing », et j’étais fasciné par la clameur qui, en deux points distincts du stade, s’élevait au nom des deux équipes.
Le ciel était noir, et je me sentais ébahi souvent d’être simplement là, participant aux chants qui s’élevaient, pour finir dans une clameur soudaine et assourdissante. Papy me palmait les cheveux pour me rassurer, me pointait le milieu de la tribune op- posée, où deux rangées de joueurs aux couleurs dis- tinctes venaient de surgir des vestiaires, et gagnaient le centre du terrain.
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