Page 25 - La Place des Wallons
P. 25

 Un mardi de juillet
303, je m’enfonçais dans ce couloir rouge. J’ai frappé à la porte, personne n’a répon- du. J’ai entendu un objet tomber. Puis « Qui est-ce ? »
J’étais à nouveau dans un canapé — le même que chez nous, le même que celui de Richard. Dans l’encadrement de la porte, j’avais dit à Mme Bertiaux que j’étais le « nouveau », puis avais répété la phrase car la vieille dame ne réagissait pas à cette grande annonce. Je lui avais propo- sé de descendre prendre un café dans le hall, en compagnie de Richard et de ma femme, et, sur ça, elle avait visiblement pris peur. Elle m’avait invité plutôt à prendre une simple tasse chez elle, ça fe- rait bien l’affaire. J’étais entré au 303.
Mme Bertiaux vivait au Midi depuis la fin des années 50 ; son mari Antoine était parti (je n’ai pas su où), et sa fille, Chris- telle vivait à Rome. Elle m’avait dévisagé, inquiète, quand j’avais soudain loué la ville de Rome, et elle semblait accablée que je
25






























































































   23   24   25   26   27