Page 15 - La Place des Wallons
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 Un mardi de juillet
J’étais sorti de l’eau, Claudine lisait tou- jours. Je voulais lui parler de l’homme sur la Lune. Elle me dévisageait, m’appréciait, debout ainsi, nu en face du lit. Elle avait toujours sa robe blanche à pois rouges, et ses mollets s’étaient arrêtés de battre. Je l’observais encore comme si elle ne me voyait pas. Claudine avait une peau très blanche, un rouge à lèvres blanc — et, c’était son “truc”, ces cils étaient brossés de mascara bleu électrique. Elle ne se ren- dait pas compte qu’on allait rentrer en Septante. Non, Claudine, ou peu importe comment elle s’appelait vraiment, semblait se complaire dans la mode des yéyés. Sa “dégaine” était évidemment un détail, et j’y pensais parce que j’étais nu et que l’in- stant, et quelque chose dans le regard de “Claudine”, m’indiquaient que nous al- lions le faire. En avais-je envie ? J’ai pensé que, par politesse au moins, je ne pouvais bouder mon intérêt. Elle me fixait, comme si elle attendait un ordre, selon le plan, ou selon la vie. Était-ce la chose à faire, main- tenant ? Je lisais plein de choses dans ses
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