Page 132 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
terrible, survient ensuite : alors que Michel constate passivement les gorges béantes du peuple bouleversé, sans crier gare apparaît devant lui :
Constance, la Constance, sa Constance.
Alors, Michel se dit que c’est quelque chose, quand même, ce tableau, et il fait un petit cadrage discret avec ses doigts ; deux automobiles encastrées sur les pavés d’un pont, deux hommes qui en sont ve- nus aux mains, devant des spectateurs stu- péfaits, dont Constance, la main droite sur ses clavicules, qui rayonne tout à fait, et il se tient là, avec ses pouces et index en L, comme devant un évènement historique qu’il se doit d’immortaliser, comme s’il al- lait devoir en parler durant les années sui- vantes, ou peut-être comme s’il s’agissait là de la clé de voute de son histoire avec les femmes, ou peut-être tout simplement est- ce là le sujet du roman qui le rendrait cé- lèbre ; et maintenant à la recherche de son carnet et de son stylo, Michel enfouit ses
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