Page 122 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
lai, un retard, dont j’aurais pu me désoler, me morfondre (car ce retard chez moi s’ajoutait à bien d’autres), mais donc plu- tôt l’annonce me fit voguer bien ailleurs que dans ces vérités basses, et m’entraînait dans le détail d’une image mentale tout d’abord, comme un panache coloré, un rêve qui prend la place de l’éveil, un cliché électrique, mais bientôt peut-être un court-métrage, qui zébrait sous mes pau- pières mi-closes, soixante secondes de dé- connexion pas davantage, ou justement d’une connexion totale, durant lesquelles je n’ai réellement plus été du tout l’émet- teur des actes dépeints au milieu de cet orage doux, mais le récepteur avide de la projection privée, intime ; car Madame Jacqueline venait de me confier que Clau- dine avait guéri de son acné, comme par un miracle qui à l’aube de ses premiers bals galants tombait fort bien ; et juste- ment pour moi le miracle, la magie, se trouvait bien ailleurs qu’en cette histoire de crèmes apposées sur les peaux, mais pouvais-je lui avouer, à elle, sa mère, que
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