Page 119 - La Place des Wallons
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 Christelle
une odeur de soufre puis se déploieraient à nouveau d’autant plus rapidement qu’elle ne croirait pas en sa chance d’être là, d’avoir pris son après-midi pour venir me porter mes cachets, un après-midi entier devant nous, disaient ses yeux mi-clos, ses pupilles proches de son front alors qu’elle baissait le cornet sur l’appareil en un petit déclic grelottant ; je constatais notre posi- tion à tous les deux, un bouton lâche sur son chemisier m’offrait un pli rose, du co- ton rouge et un parfum boisé, chaud comme l’effort, la peur ou la pulsion ; j’ai tendu mon bras vers elle, son souffle était rapide, et trois autres boutons ont sauté par terre, ricochant sur un parquet que nos quatre jambes quittaient dans un bruit de ressorts tordus.
Je venais de lâcher prise, de perdre le contrôle.
J’avais accepté de tomber.
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