Page 111 - La Place des Wallons
P. 111

 Un samedi d’octobre
quérir de cet accès d’on ne savait trop quoi ; devant nous se précipitait, à la lueur de néons gris, une gorge d’escaliers sombres, que nous descendions depuis une minute. Je ne voyais pas le bout de cette gorge ; il me semblait que nous gagnions un quai de métro peut-être, quoique je ne nous en connusse pas à Liège ; derrière nous maintenant, la bouche d’entrée sem- blait petite là-haut, un carré clair, le ciel fâché de Liège, et sa sortie en dessous de nous n’était pas encore visible. Le silence était devenu total au fil de la dénivelée, et il me semblait voir, à intervalles réguliers sur les murs, des encarts publicitaires re- présentant un plat de grosses frites styli- sées. Au bout de nos crampes, et du souffle rauque de ma mère, il y eut une nouvelle porte vitrée, derrière laquelle je devinais d’emblée des tables et des chaises ; nous entrions tous les trois, nous deux autour de maman, comme à l’église. C’était une sorte de cantine peuplée de gens discrets, transportant au ralenti des plateaux bruns chargés d’une assiette et d’un verre. Je
111
































































































   109   110   111   112   113