Page 103 - La Place des Wallons
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 Marthe
vais tout préparé seul, exigeant de Marthe qu’elle lût calmement dans le salon, près du poêle, et je remarquai dans ses objec- tions le soupçon de cette fougue qui m’a- vait séduit lors de nos premiers moments. Je la prenais dans mes bras quand elle me tenait tête, et l’embrassais tendrement, mesurant à chaque instant cette nouvelle chance qui nous était donnée.
Marthe digéra convenablement ce repas festif. Lentement, elle reprit son ineffable coquetterie ; elle voulut que ses cheveux soient brossés, voulu qu’exhalent à son cou les parfums de Paris, étira ses cils noircis de part et d’autre de ses yeux de féline. Nous nous admirions dans le grand miroir placé au-dessus de la cheminée ; ce couple tellement beau, tellement fier, tellement heureux de sa seconde chance. Et je re- marquai malgré moi l’enveloppe, que j’avais posée sur la tablette, au pied du mi- roir, quelques semaines plus tôt ; dans celle-ci, il y avait la paye et le dédomma- gement de la bonne, ainsi que la lettre de
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