Page 102 - La Place des Wallons
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 Christophe Géradon
les draps avaient été rafraichis. Ma femme me dévisageait ; il y avait un petit sourire dans ses yeux ; mais aussi une grande tris- tesse. Faiblement, elle me dit :
« Marthe nous a quittés. »
Je m’assis sur le lit, pensai à cette jeune employée, tellement brave, tellement dé- vouée ; c’était elle que je devais remercier, elle sans qui mon épouse n’aurait proba- blement jamais passé Noël. Marthe me souriait, acquiesçant silencieusement à la reconnaissance que j’affichais sans doute ouvertement pour celle qui fut notre bonne. Elle accompagna son sourire d’un baiser sur ma joue, et je pris Marthe dans mes bras, pleurai à son retour parmi nous.
Le premier repas convalescent que nous partageâmes se déroula le 4 janvier. Marthe avait pu sortir du lit dès le jour de l’an, mais nous n’avions convenu d’un vrai repas que plus tard, quand tenir debout pour elle serait redevenu anecdotique. J’a-
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